
Depuis un temps, à Kinshasa, si certains individus peuvent sillonner librement les rues de la capitale, d’autres se voient obligés de négocier leur liberté de circuler au prix d’un courage excessif, à cause notamment de la montée en puissance des cas de stigmatisations liées à la forme physique des uns et des autres. Cette réalité devient compromettante à tel point qu’elle tend à imposer un sentiment ségrégationniste tribalo-ethnique entre les communautés, tandis que le beau vivre ensemble est reconnu comme l’une des valeurs portées par les kinois. Le dernier cas en date est celui qui s’est produit dans la commune de Ngaliema avec Madame Aline Ikuku.
Les agressions récurrentes et ciblées
Comme cela est bien vérifié, la compatriote Aline Ikuku s’est vue agressée trois fois par un groupe d’individus autrefois non autrement identifié, au cours de la période allant du 16 au 24 mars de l’année en cours, une fois devant la parcelle où elle réside avec son foyer, une autre fois sur son chemin de retour à son domicile, après des courses personnelles et une fois de plus sur le chemin de l’église. Le mardi 24 mars, ces individus se sont présentés comme des agents des services de sécurité, mais démunis d’un document.
Selon la victime et les témoins des événements, dans tous les trois cas, les auteurs des menaces sur Madame Ikuku Aline s’appuient sur la morphologie de cette dernière pour lui attribuer la nationalité rwandaise et la tribu Tutsi.
Prise de peur et voulant protéger sa vie, la victime a recouru aux services étatiques compétents à travers une plaine dûment déposée, la surprise malheureuse est de constater qu’en date du 26 mars de l’année courante, au tour de 09 heures, un groupe de jeunes conducteurs de motos s’identifiant comme membres de la structure « La force du progrès », a de nouveau proféré des menaces de mort contre cette citoyenne, en lui promettant un refoulement brutal vers son soit disant pays d’origine, le Rwanda.
Place au traumatisme
Affaiblie par cette situation aussi étrange, qui transforme son appartenance à la patrie congolaise en un sujet d’insécurité pour sa personne, Madame Aline Ikuku se voit contrainte de vivre en clandestinité, se déchargeant, sans le vouloir, de toutes ses obligations de la vie quotidienne en tant que femme au foyer, mère d’enfants et pourvoyeuse des besoins primaires de sa progéniture, entre autres l’accompagnement à l’école, les courses au petit marché, etc.
Se confiant courageusement à notre rédaction, Aline Ikuku a révélé que ces harcèlements ne constituent une nouveaté. Selon elle, déjà en décembre 2019, alors qu’elle résidait sur l’avenue des Généraux (en face de la résidence du Général Mustapha Mukiza des Fardc), se faisant accompagner par son jeune frère Benjamin Ikuku, les deux avaient été victimes des menaces de la part de la jeunesse dite la Force du Progrès, pour le même sujet.
Signalons que cet acte macabre avait réussi à faire déménager la victime en octobre 2022, car, dit-elle, l’appartenance dans le passé de son voisin, le Général précité, à l’AFDC, la coïncidence de partager avec lui la même avenue et ses traits morphologiques avec son jeune frère, étaient devenus un poids pour elle et une entrave pour son droit à une vie de liberté.
Quand l’incertitude s’installe et s’impose
Comme si cela ne suffisait pas, madame Aline Ikuku disparait de nouveau du public pour vivre dans une clandestinité la plus inacceptable.
Ne sachant pas jusqu’où iront ces forfaits sur sa personne, il convient de se poser des questions telles que : cette femme est-elle menacée juste pour sa morphologie, ou il s’agit des faits motivés par l’engagement politique de son époux, Giresse Ngongo Kayumba ? Il sied de rappeler de son époux est d’abord Ingénieur de formation puis figure politique active au pays. Il dirige une formation politique dénommée « LE PARTI » depuis plus d’un an, après avoir occupé diverses fonctions aux seins d’autres structures politiques de la place, et fut candidat aux législatives de 2023.
La situation reste suivie de près par notre rédaction, tenant compte de l’opposition des lois de la république aux discours et actes témoignant la haine tribale et la violence identitaire sous toutes leurs formes.
Patriote Benz Bwanakawa







