Edito

VOUS AVEZ DIT « DIALOGUE NATIONAL » !

Le Président Félix Tshisekedi a finalement donné son quitus, le 17 juillet lors d’une rencontre avec une délégation des confessions religieuses, à l’organisation d’un dialogue national inclusif.

Jusqu’à ce jour, rien de concret n’a suivi ce qui n’est, en réalité, qu’un accord de principe. Le peuple est dans l’expectative, ne sachant pas exactement à quoi cela va ressembler, mis à part le fait que ce forum vise à renforcer la résilience nationale face à l’agression rwandaise.

Aucun détail organisationnel n’est livré : date de convocation, format, participants, ordre du jour etc.

En attendant l’ordonnance présidentielle de clarification, plusieurs zones d’ombre persistent sur la nature de ce dialogue censé se dérouler dans un cadre institutionnel sous les auspices du Chef de l’Etat.

C’est là où le bât blesse. En tant que partie prenante comme institution, d’aucuns craignent que ce dernier en dicte le tempo et impose ses règles.

À cette difficulté, s’ajoute la qualité des participants. Les traîtres de la République, ceux qui se sont alliés à la pègre rwandaise pour déstabiliser le pays, ne sont pas les bienvenus.

Intransigeant là-dessus, Félix Tshisekedi exclut toute négociation avec ceux qu’il continue de qualifier d’agresseurs et refuse de remettre en cause sa légitimité.

Joseph Kabila, condamné à mort, ainsi que les responsables de l’AFC/M23, ne sont pas éligibles. Les dossiers des compatriotes en exil poursuivis par la justice seront, eux, examinés au cas par cas en vue d’éventuelles amnisties.

Le gouvernement entend donc dialoguer avec des Congolais qui condamnent clairement l’agression rwandaise et respectent les institutions.

Nonobstant ce cadrage, la question de la révision constitutionnelle qui cristallise actuellement l’essentiel des tensions politiques, s’invitera certainement au débat.

La dynamique de la salle aidant, il n’est pas non plus exclu que le partage des postes ait aussi voie au chapitre.

Au-delà de tout, c’est une nouvelle transition qui se peaufine à l’horizon sur le mode de l’Accord de la Saint-Sylvestre du 31 décembre 2016 ayant permis à Joseph Kabila de se maintenir à la tête du pays au-delà de la fin de son second et dernier mandat constitutionnel.

En effet, la transition politique, la nomination d’un Premier ministre issu de l’opposition et le report des élections ont permis à l’ancien Chef de l’État de bénéficier d’un sursis au-delà du délai légal.

À tout prendre, le succès de ce dialogue dépendra de la bonne foi des acteurs, de leur sens des responsabilités et de leur engagement à faire prévaloir l’intérêt général sur les calculs partisans.

Jean Pierre Eale ikabe

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