Edito

Dialogue national : l’heure de la responsabilité patriotique a sonné

En donnant le coup d’envoi au processus du Dialogue national, jeudi, le Président Félix Tshisekedi a posé les jalons d’une nouvelle séquence de la vie politique congolaise.

Si cette initiative suscite un réel satisfecit, elle doit néanmoins s’inscrire dans un cadre clair pour éviter que le Dialogue ne devienne un « fourre-tout ».

Félix Tshisekedi a donc posé une ligne rouge légitime : ceux qui ont pris les armes contre les institutions ne sauraient participer au Dialogue. Ils n’ont pas leur place à la table des négociations tant que les plaies qu’ils ont causé à leurs compatriotes sont encore ouvertes et non cicatrisées.

En effet, ce n’est pas d’un trait que l’imaginaire collectif effacera les traumatismes, les blessures et les chocs subis du fait du cynisme des rebelles de l’AFC/M23.

Ceci laisse entendre que Joseph Kabila et Corneille Nangaa, tous deux ployant déjà sous la peine de mort, ne sont pas éligibles à ce forum pour avoir comploté contre les institutions en filtrant avec l’ennemi. Leur traîtrise ne sera donc pas sans conséquence.

Agir autrement reviendrait à légitimer indirectement la prise d’armes et à banaliser les crimes commis, au détriment des victimes qui attendent toujours réparation. Ce serait aussi banaliser les crimes et légitimer la prise d’armes au grand désenchantement de tous ceux qui militent pour une justice équitable.

Là-dessus, Félix Tshisekedi n’a pas transigé sur les règles. « L’inclusivité ne signifie ni l’effacement des principes ni la confusion des responsabilités », a-t-il déclaré. Il y a donc lieu d’établir un distinguo entre l’opposition politique et l’insurrection armée.

Ce rendez-vous est avant tout celui des Congolais patriotes, de toutes celles et ceux qui, dans le respect de la Constitution et des valeurs républicaines, entendent exercer pleinement leur droit à la parole.

Il est censé offrir un espace de réflexion libre, responsable et plurielle, où les divergences peuvent s’exprimer par le débat plutôt que par la violence, dans le respect des exigences démocratiques et de l’intérêt supérieur de la Nation.

Les Congolais doivent saisir cette opportunité pour refonder l’équilibre national et relancer le pays sur des bases d’harmonie et de cohésion, à travers une participation massive et une réflexion plurielle sur l’avenir de leur pays.

Enfin, ce dialogue ne pourra toutefois produire les résultats escomptés qu’à la condition de reposer sur des règles précises, des objectifs clairement définis et des limites qui en préservent la vocation, afin d’éviter toute dérive vers un débat sans contours.

Jean Pierre Eale iKabe

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