Ebola : les congolais face à la stigmatisation internationale.
La 17ᵉ épidémie d’Ebola, liée au variant Bundibugyo et déclarée urgence sanitaire mondiale, suscite aujourd’hui de vives inquiétudes.
Bien qu’elle demeure circonscrite à la RDC, précisément en Ituri où elle a été détectée pour la première fois, cette épidémie alimente une perception généralisée faisant de tout Congolais un potentiel porteur du virus.
Face au risque de propagation de l’épidémie, plusieurs États du monde ont renforcé leur niveau d’alerte. La détection récente d’un cas à Goma a davantage alimenté les inquiétudes internationales.
Dans la foulée, Kigali a fermé sa frontière avec Goma, tandis que les États-Unis ont imposé des restrictions unilatérales de visas aux Congolais à l’approche de la Coupe du monde.
Cette situation nourrit un climat de suspicion généralisée à l’égard des Congolais, y compris ceux nés et ayant grandi à l’étranger.
Attendus aux États-Unis pour une compétition intercontinentale, les Léopards de la RDC devraient être soumis à une mise en quarantaine dès leur arrivée, tandis que de nombreux supporters se voient déjà refuser le visa.
Selon BFMTV, un avion en provenance de France aurait même été empêché d’atterrir aux États-Unis en raison de la présence d’un passager congolais vivant en France. Une situation qui illustre l’ampleur des inquiétudes – parfois jugées excessives – autour de cette épidémie, au point d’alimenter un sentiment de stigmatisation envers la RDC.
Faut-il désormais considérer que la nationalité congolaise elle-même est assimilée à Ebola ?
Jamais le pays de Patrice Lumumba, Simon Kimbangu et Kimpa Vita ne devrait être voué à l’opprobre sur la scène internationale.
Ces mesures apparaissent contre-productives et en décalage avec les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en période de crise sanitaire.
Ce qui choque davantage, c’est l’oubli des efforts déployés par le gouvernement congolais, avec l’appui de l’OMS, pour contenir l’épidémie à travers l’acheminement de matériels médicaux dans les zones affectées.
Les efforts de traçage, de surveillance et d’isolement rapide des cas suspects déployés par la RDC pour briser la chaîne de transmission de l’épidémie sont pourtant largement passés sous silence.
Face à cette situation jugée injuste et préjudiciable à l’image du pays, il est demandé au Président de la République ainsi qu’au ministre des Affaires étrangères de réagir rapidement afin de défendre la RDC sur la scène internationale.
Jean Pierre Eale iKabe












































































































































