Trop de prêches politiques dans les églises !
Les Églises ont pour vocation première d’annoncer l’Évangile, de former les consciences et de promouvoir les valeurs de paix, de justice et d’espérance. Lorsque la chaire devient une tribune politique, le risque est grand de détourner les fidèles de cette mission essentielle.
En République démocratique du Congo, il devient de plus en plus fréquent de voir des responsables religieux consacrer davantage de temps à commenter l’actualité politique qu’à enseigner la Parole de Dieu.
Cette confusion des rôles fragilise la crédibilité de l’institution religieuse et nourrit les divisions au sein des communautés de foi.
Alors que le débat sur une éventuelle révision de la Constitution s’intensifie dans l’opinion, certains pasteurs affichent désormais leurs positions en fonction de leurs affinités politiques.
Cette polarisation a profondément divisé le corps du Christ, au point de transformer le débat en une véritable guerre de tranchées entre partisans et contestataires du régime.
Pendant ce temps, le fossé ne fait que s’élargir entre la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Réveil du Congo (ERC) au regard de leurs positions diamétralement opposées sur cette question.
De quoi s’interroger sur les véritables motivations qui sous-tendent la politisation de certaines confessions religieuses dans le contexte actuel. L’annonce de l’Évangile n’est-elle pas, dans certains cas, sacrifiée sur l’autel des intérêts et des appétits financiers ?
Cette politisation à outrance des églises a ôté l’esprit critique dans le chef des fidèles obligés de soutenir, sans discernement, les thèses de leurs chefs spirituels.
Le rôle d’un pasteur n’est pas de se substituer aux acteurs politiques, mais d’éclairer les consciences à la lumière de l’Évangile, sans transformer le culte en meeting politique.
L’Église conserve toute sa légitimité lorsqu’elle dénonce les injustices, défend les plus faibles et rappelle les principes éthiques qui doivent guider la société.
En revanche, lorsqu’elle s’identifie à un camp politique ou fait de la politique partisane depuis la chaire, elle risque de perdre sa mission prophétique et de compromettre son unité.
Les Congolais ont besoin d’Églises qui rassemblent, réconcilient et élèvent les âmes, plutôt que des lieux de culte où les clivages politiques prennent le pas sur le message du Christ.
Jean Pierre Eale iKabe
















































































































































