
Seizièmes de finale d’une Coupe du monde, six points sur six vers la CAN 2027, 41e au classement FIFA : les Léopards vivent leur plus belle période depuis un demi-siècle. Sous la conduite de Sébastien Desabre et portés par Chancel Mbemba et Yoane Wissa, ils redonnent au peuple congolais une raison de vibrer ensemble. Le moment est venu de les soutenir sans réserve.
52 ans après, le Congo de retour sur la scène mondiale
Il aura fallu attendre le 31 mars 2026 et une victoire 1-0 après prolongation contre la Jamaïque, à Guadalajara, pour que la RDC retrouve la Coupe du monde. La dernière fois, en 1974, le pays s’appelait encore le Zaïre.
Le chemin fut pavé d’émotions. En novembre 2025, les Léopards avaient renversé le Nigeria aux tirs au but (1-1, 4-3) lors de la finale des barrages africains, après avoir longtemps été menés.
Aux États-Unis, ils ont tenu tête au Portugal (1-1), cédé de justesse face à la Colombie (0-1) malgré un Lionel Mpasi héroïque, puis battu l’Ouzbékistan (3-1). Résultat : une première qualification historique pour la phase à élimination directe.
En seizièmes, face à l’Angleterre, Brian Cipenga a ouvert le score dès la 7e minute. Il a fallu un doublé de Harry Kane, dont un but à la 86e, pour éteindre le rêve (1-2). Une défaite, oui, mais une défaite qui a forcé le respect du monde entier.
La méthode Desabre : rigueur, collectif et patience
Arrivé en 2022, Sébastien Desabre a reconstruit les Léopards pierre par pierre. Le technicien français a imposé un bloc compact, un pressing intense et une discipline tactique qui ont transformé une équipe talentueuse mais irrégulière en un groupe difficile à manœuvrer.
Son credo tient en un mot : le collectif. Avant d’affronter le Portugal, il expliquait miser sur la force du groupe plutôt que sur les individualités. Le message est passé, et les résultats ont suivi.
La Fécofa lui a renouvelé sa confiance. Son président, Véron Mosengo-Omba, fixe désormais un cap ambitieux : remporter la CAN 2027 et se qualifier pour le Mondial 2030. Desabre, lui, garde les pieds sur terre et refuse tout relâchement après les honneurs reçus au retour d’Amérique.
Mbemba, Wissa et une génération de caractère
Capitaine et patron de la défense, Chancel Mbemba incarne cette renaissance. Le 24 septembre, au Stade des Martyrs, c’est encore lui qui a lancé les Léopards d’une tête dès la 4e minute face à la Guinée équatoriale (2-0).
Devant, Yoane Wissa est devenu l’homme des grands rendez-vous. Buteur contre la Guinée équatoriale, il a récidivé à Harare face au Zimbabwe avant d’offrir le deuxième but à Samuel Moutoussamy.
Autour d’eux, toute une ossature fait la force du groupe : Cédric Bakambu, Fiston Mayele, Meschack Elia, Brian Cipenga, Aaron Wan-Bissaka, Arthur Masuaku ou encore Lionel Mpasi. La relève pousse aussi : le jeune gardien Matthieu Epolo, 21 ans, a réalisé cinq arrêts à Harare, et douze nouveaux binationaux ont été appelés pour la fenêtre d’octobre, parmi lesquels Jorthy Mokio et Stephy Mavididi.
Cap sur la CAN 2027 : un départ parfait
Les Léopards n’ont pas laissé l’euphorie retomber. Deux matches, deux victoires dans les éliminatoires de la CAN 2027, organisée par le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie : 2-0 contre la Guinée équatoriale à Kinshasa, puis 2-1 au Zimbabwe, un terrain où la RDC n’avait jamais gagné en match officiel.
Avec six points, la RDC mène seule le groupe E, devant le Zimbabwe et la Guinée équatoriale (3 points) et la Sierra Leone (0). Une double confrontation face à la Sierra Leone, en novembre, peut déjà rapprocher les Léopards de la qualification. D’ici là, deux matches amicaux contre l’Ouganda, les 2 et 5 octobre, permettront d’intégrer les nouveaux venus.
Soutenons nos Léopards
Cette période de grâce n’est pas un hasard. Elle est le fruit d’un projet suivi, d’un staff exigeant et de joueurs qui ont choisi de porter fièrement les couleurs du Congo. Mais elle reste fragile, et elle a besoin de nous.
Soutenir les Léopards, c’est remplir le Stade des Martyrs, encourager la diaspora qui les porte partout dans le monde, et réclamer des investissements durables : des pelouses homologuées, une formation des jeunes structurée, un championnat national plus fort. C’est aussi garder confiance dans les jours sans, car toute grande équipe en connaît.
Le football reste l’un des rares langages qui rassemble tous les Congolais, de Kinshasa à Lubumbashi, de Goma à Matadi. En 1968 et en 1974, nos aînés ont soulevé la Coupe d’Afrique. La génération Mbemba-Wissa a désormais les moyens d’écrire sa propre page. À nous de rugir avec elle.
Allez les Léopards !







