À Kinshasa, l’anarchie ne se cache plus : elle s’affiche. Murs, poteaux, carrefours, passerelles — aucun espace n’échappe à l’invasion des affiches, banderoles et panneaux géants plantés sans foi ni loi.
La capitale congolaise, déjà éprouvée par l’insalubrité et asphyxiée par les embouteillages, s’enlise désormais dans un désordre visuel devenu insupportable.
Ce n’est plus de la publicité, c’est une guerre. Commerçants, églises évangéliques, acteurs politiques : tous se livrent une bataille acharnée pour capter l’attention, au mépris des règles les plus élémentaires.
À ce rythme, Kinshasa ressemble à une campagne électorale sans fin. Et lorsque les scrutins approchent, la ville bascule dans une cacophonie visuelle totale.

Mais derrière ce chaos, il y a une responsabilité claire : celle des pouvoirs publics. L’absence de réglementation efficace, combinée à un laxisme persistant et à des pratiques affairistes, a transformé le secteur de l’affichage en zone de non-droit. Une jungle où l’occupation anarchique de l’espace public est devenue la norme.
Or, une ville ne se construit pas dans le désordre.
L’affichage sauvage n’est pas qu’une nuisance esthétique : il met en péril la sécurité routière, dégrade le cadre de vie et ternit l’image de la capitale.
À force de tout tolérer, Kinshasa finit par ne plus rien maîtriser.
Il est temps de rompre avec cette dérive.
Il faut des règles claires, des contrôles effectifs et des sanctions dissuasives. Il faut surtout une volonté politique ferme pour restaurer l’ordre dans l’espace public.
Car au fond, la question est simple : quelle image Kinshasa veut-elle donner d’elle-même ? Celle d’une ville livrée au désordre… ou celle d’une capitale digne, organisée et respectée ?
L’heure de choisir a sonné.
Co-écrit par Jean-Pierre Eale et maître Jean-Paul Maboso





