Depuis la fin du mois de mars, la ville de Kinshasa vit au rythme d’une ambiance de fête quasi permanente. Dans les conversations de salons comme dans l’effervescence des rues, trois sujets principaux captent toutes les attentions.
Il y a d’abord les éliminatoires de la Coupe du monde 2026, marquées par la qualification des Léopards de la RDC, qui retrouvent cette prestigieuse compétition internationale 52 ans après.
Très bientôt, les Congolais seront massivement scotchés devant leurs écrans pour suivre les performances de leur sélection nationale, à laquelle ils souhaitent une participation honorable.
Au mois d’avril, sur le plan musical, il y a eu un double événement à la même date, à savoir, le dixième anniversaire du décès de Papa Wemba ainsi que la prestation de Zaiko sur la place de Paris, 24 ans après.
Et au mois de mai, Fally Ipupa a gratifié les mélomanes de la bonne musique d’un double stade de France, une performance inimaginable il y a quelques années.
Enfin, il y a eu la sortie médiatique du Président de la République qui était face à la presse. Ses propos en rapport avec l’actualité politique et socio-économique du pays, sont toujours sujets à controverse dans les milieux concernés.
L’opposition, pour sa part, a rapidement réagi, estimant nécessaire de recadrer le Chef de l’État sur plusieurs points de son discours, notamment la réforme constitutionnelle, le dialogue politique, l’éventualité d’un troisième mandat etc.
Pour l’heure, le curseur de l’actualité, ou mieux, du buzz sur la toile s’est pointé sur la prêche du Pasteur Moïse Mbiye au sujet de la nouvelle plateforme pastorale accompagnant le processus de révision constitutionnelle.
Le responsable de la Cité Béthel accusé d’avoir traité ses pairs de lépreux à cause de leur choix politique, continue de subir un lynchage médiatique sur fond d’exhumation de ses antécédents judiciaires.
Pendant ce temps, la guerre dans l’Est du pays se poursuit sans relâche. Alors même que l’on évoque un retrait des rebelles du M23/AFC de plusieurs localités du Sud-Kivu, d’autres informations font état d’un repositionnement de ces mêmes forces à Sange, à environ 30 km au nord d’Uvira.
Dans cette actualité foisonnante qui alimente les débats au sein de la population congolaise, les éternels embouteillages de Kinshasa occupent également une place de choix.
Ils traduisent l’essoufflement d’une ville à bout de souffle, asphyxiée, sans repères clairs, et livrée à elle-même, face à une gouvernance urbaine qui peine à se faire sentir.
Jean Pierre Eale ikabe
