DE L’ÉTUDIANT CÉLÈBRE AU ROI DE LA RUMBA
Christophe Agbepa Mumba, plus connu sous le nom de Koffi Olomidé, est un auteur-compositeur-chanteur et guitariste congolais incontournable, originaire du Grand Équateur, né le 13 juillet 1956 à Kisangani.

Comment a-t-il intégré l’univers musical, lui qui semblait prédestiné à la bureaucratie et pour qui la musique n’était au départ qu’un simple hobby ?
Tout est parti de son rapprochement avec une vedette de l’époque, Shungu Wembadio devenu Papa Wemba, avec qui il entretenait une relation à distance depuis la Suisse. Le véritable déclic survient en décembre 1976, à l’occasion des vacances de Noël.
Le récit est digne d’un feuilleton. Papa Wemba est chassé de l’orchestre Yoka Lokole pendant qu’un ami commun, Emedo, séjourne à Kinshasa. Il trimballe dans ses bagages, une cassette de Koffi envoyée, par son intermédiaire, à son grand frère et ami, Shungu Wembadio.
Dans cette cassette, une chanson retient particulièrement l’attention. Il s’agit de « Mère supérieure » chantée à la sortie du groupe Viva-la-Musica en février 1977. Cette œuvre s’imposera rapidement en tête du hit-parade.
Durant les grandes vacances de cette année-là, Koffi vient en vacances à Kinshasa et décide d’entrer en studio. Papa Wemba refuse de l’accompagner.
Soutenu par des amis dont votre serviteur et sur insistance de Verckys Kiamungana, il va enregistrer son tout premier 45 tours.
À la fin de l’année, il est plébiscité par les chroniqueurs de musique comme la révélation de l’année. Et un confrère, Nzita Mabiala, lui trouvera le sobriquet de « l’étudiant le plus célèbre du Zaïre » alors qu’il étudiait à bordeaux en France.
C’est sur ces entrefaites qu’il démarre une carrière en solo. Il sort des chansons avec l’accompagnement de Viva-la-Musica sans intégrer le groupe. En 1992, il sort Ngobila, une œuvre de haute facture, ça marche du tonnerre.
Il se fait appeler Rambo à l’instar de l’acteur américain Sylvestre Stalone qui captive tous les cinéphiles de l’époque. En 1980, il regagne le pays et convole à justes noces avec Marianne Makosso.
En 1981, il est père. Son fils s’appelle Aristote comme le richissime grec. En 1995, il entre au studio et sort un super album dont le titre-phare est « Diva », une œuvre intemporelle qui totalise à ce jour 40 ans d’existence sans prendre de rides.
En 1996, il décide de rentrer définitivement au pays. Il livre des concerts à la demande des amis qui le pousseront plus tard à monter son propre orchestre. Il crée alors le groupe Quartier Latin qui viendra bouleverser la hiérarchie de la musique congolaise de l’époque à travers ses nouvelles sonorités.
Au fil des années, ce groupe s’impose sur l’échiquier musical congolais comme une école de formation. Il se produit dans des salles mythiques et effectue des tournées à travers le monde.
Avec près de 50 albums à son actif, Koffi Olomide s’est imposé comme une légende vivante de la Rumba congolaise. Pour célébrer ses 70 ans d’âge, il a choisi le stade Roi Baudoin de Belgique pour fêter son anniversaire avec les siens et ses innombrables fans à travers le monde.
Celui qu’on appelle affectueusement aujourd’hui le Grand Mopao est un homme heureux. Il a trouvé la femme de sa vie qui est aussi sa compagne de chant dans le Quartier Latin, celle-là que lui-même désigne sous l’appellation de Deuxième Première Dame, j’ai cité Mme Cindy le Cœur Olomide.
Koffi est père d’une famille de 9 enfants dont la célèbre mannequin Didi Stone Olomide. Il est et reste le seul musicien africain à avoir obtenu quatre koras en une soirée.
Il a été candidat malheureux lors des sénatoriales à la Province de Mongala. Il a été élevé au rang d’ambassadeur culturel et compte parmi les grands sociétaires de la Sacem.
Son plus beau souvenir est le cadeau de sa mère qui avait vendu sa voiture pour l’envoyer étudier à Genève en Suisse. Et le plus mauvais demeure le décès de ses parents.
Au stade Roi Baudouin, j’y serais. Tu le mérites cher ami et frère. Je serai présent comme d’habitude pour t’assister, t’encourager et te souhaiter la bienvenue dans le cercle des septuagénaires.
Joyeux anniversaire !
Vive tes soixante-dix ans !
Jean Pierre Eale ikabe






