Il y a des livres qui informent. Il y en a d’autres qui interpellent. Et puis, rarement, il en paraît un qui porte à la fois la lucidité d’un stratège et l’âme d’un artiste. La Culture sauve les Peuples, de Myoto Liyolo, est de ceux-là.
Une voix qui vient de l’atelier
Myoto Liyolo n’est pas une théoricienne de salon. Elle est la fille d’Alfred Liyolo, l’un des plus grands sculpteurs congolais, dont l’œuvre incarne avec force la richesse de l’art africain. Talents2kin Sur la page de garde, comme une épitaphe gravée dans le bronze paternel, résonne cette formule lapidaire : « La beauté est une Arme, l’Art est une Stratégie, la Culture est notre Salut. »
Ceux qui ont croisé son parcours professionnel — notamment au début des années 2000, lorsqu’avec son agence ZD elle pilotait la communication de Celtel, le futur Airtel — savaient déjà que cette femme pensait la communication comme un levier de transformation. Elle n’a pas changé d’ambition. Elle a changé d’échelle.
La culture comme infrastructure
Pour Myoto Liyolo, la culture n’est pas un simple vestige du passé. C’est une force vive, une stratégie de résistance — et même une « infrastructure invisible des nations ». Talents2kin Le Congo, pays dont la musique irrigue toute l’Afrique bien au-delà de la sphère francophone, dont la diaspora se reconnecte à ses racines à travers ses artistes et ses rythmes, possède là un actif stratégique immense — et largement sous-exploité.

Le jeu : un pont entre les générations
C’est là que réside l’une des innovations les plus remarquables de cette démarche. En complément indissociable du livre, Myoto Liyolo a conçu un jeu de société sous forme de jeu de cartes — non pas comme un accessoire promotionnel, mais comme un vecteur de transmission à part entière.
Le génie de l’idée tient à son ancrage dans une réalité contemporaine douloureuse : dans nos sociétés modernes, le lien intergénérationnel s’est effiloché. Les échanges qui coulaient de source au village — autour du feu, dans la cour familiale — sont devenus plus rares, plus difficiles. Ce jeu réinvente cet espace de rencontre. Il installe autour d’une table grands-parents, parents et enfants, et laisse la culture faire le reste : relier, transmettre, reconnecter chacun à ses racines dans la joie du jeu partagé.
Livre et jeu forment ainsi un diptyque unique — l’un nourrit l’esprit, l’autre crée le rituel. Ensemble, ils méritent une place de choix dans les musées dédiés à la culture à travers le monde.
Une stratégie collective, condition de survie
La conclusion de Myoto Liyolo est sans ambiguïté, et elle engage tout un peuple : la culture constitue une stratégie de résistance, de cohésion et de puissance douce. MediaCongo Press Non pas un ornement. Non pas un héritage figé. Mais la colonne vertébrale d’un peuple — ce qui, quand tout vacille, maintient debout.
C’est le Ministre de la Communication, Monsieur Patrick Muyaya, qui a donné le coup d’envoi symbolique de ce projet, marquant ainsi le soutien officiel des autorités à l’édition de ce combiné libéré.
Dans un monde où les fractures sociales s’accélèrent et où les identités se cherchent, cette thèse prend valeur d’urgence : sans stratégie culturelle collective, il n’y a ni unité possible ni survie durable. La Culture sauve les Peuples n’est pas seulement un beau titre. C’est un programme.
« La Culture sauve les Peuples » — Myoto Liyolo, Éditions Fondation Liyolo, 2025.







