Le concert livré ce vendredi 24 avril au Zénith de Paris La Villette par le groupe mythique Zaiko Nkolo Mboka aura largement dépassé les prévisions en termes d’engouement.
Près de 7.000 spectateurs venus de tous horizons ont vibré, le temps d’un spectacle, au rythme envoûtant de « Awa te » et « Mukongo ya Koba ».

C’est dans cette ambiance électrique que Jossart Nyoka Longo a pris congé, autour de 23 H00, de son public, au terme de deux heures d’une prestation qui restera longtemps gravée dans les annales.
La salle affichait complet et a même dû refouler du monde. Le concert s’est joué à guichets fermés, avec un sold-out au-delà des attentes.
Orchestre transgénérationnel, Zaiko a réussi à rassembler toutes les générations autour de sa musique. Le protocole de la Sape a, comme à l’accoutumée, été scrupuleusement respecté.
Le spectacle a démarré en trombe aux alentours de 21 heures par une séquence de chorégraphie savamment exécutée par des chanteurs et danseuses. Puis, place au concert proprement dit avec une première partie consacrée à l’interprétation d’une compilation des chansons triées du répertoire nostalgique de Zaiko des années 69-70.
La deuxième partie du spectacle s’est négociée en trois temps. D’abord, il y a eu l’hommage rendu à Papa Wemba, disparu un certain 24 avril en Côte d’Ivoire. À travers l’interprétation de quelques-unes de ses œuvres, cette séquence, empreinte de nostalgie, a rappelé la profondeur des liens qui unissaient le défunt à Jossart Nyoka Longo, une relation qui dépassait largement le cadre strictement musical.
Portée par une émotion palpable, cette évocation a littéralement embrasé une salle déjà survoltée dès les premières sonorités.
Ensuite, l’entrée en scène de Lita Bembo, invité spécial de la soirée, a provoqué une vive émotion, ravivant de précieux souvenirs. Fidèle à sa réputation de showman, l’artiste a revisité ses grands classiques, faisant vibrer la mémoire collective dans une communion totale avec le public.
Et cerise sur le gâteau, Naimro du groupe Kassav viendra embraser la salle en revisitant, avec maestria, quelques tubes emblématiques des années 80-90.
À cet instant, l’ambiance a atteint son paroxysme. Une véritable hystérie collective s’est alors emparée du public, totalement conquis.
Enfin, Nyoka Longo et son groupe assureront la dernière partie du spectacle pour un atterrissage fracassant dans un atmosphère mêlée de plaisir, d’émotion, voire d’oubli de soi.
Un groupe trans générationnel
Chaque refrain, chaque animation, chaque mélodie était repris en chœur. Chacun improvisait son espace de danse, quitte à s’empiéter dans une proximité festive. La majorité des fans ont suivi le concert debout malgré les places assises. La magie de Zaiko avait alors atteint son apogée — « Eyi Nkisi, eyi magie ! ».
Même les jeunes adolescents, venus par curiosité après avoir tant entendu parler de Zaiko Langa Langa, n’ont pas pu résister à l’effet contagieux de la fièvre ambiante. Des couples, on en comptait par centaines, emportés par l’énergie distillée par les sonorités ambiantes de « Mama Siska, ye wana ! ».
Une forte délégation venue de Kinshasa a effectué le déplacement spécialement pour assister à ce concert. Dans ce groupe, l’on a notamment remarqué la présence de Gentiny Ngobila Mbaka, Michel Kabeya, Freddy Élonga, ainsi que de plusieurs proches de Jossart Nyoka Longo.
Et que dire de ces sexagénaires arrivés en chaises roulantes au Zénith de Paris La Villette ? Par leur seule présence, ils ont tenu à rendre un hommage vibrant à l’orchestre de leur jeunesse.
Le générique « Boh », porté par ses animations envoûtantes est venu sceller la réussite d’un concert à la fois historique et inoubliable. Le vide de 24 ans laissé par Zaiko a dû être comblé en l’espace de deux heures d’un concert non stop.
Sans fracas ni tapage, Jossart Nyoka Longo a relevé son pari. Envers et contre tout. Dans la foulée, une plaquette de confirmation du sold out lui a été décernée séance tenante.

Notons que le Président Jossart Nyoka Longo prolongera son séjour dans la capitale française afin de participer, en tant qu’invité, au concert de Fally Ipupa prévu au Stade de France au début du mois de mai.
L’artiste est par ailleurs attendu à Bruxelles le 1er mai, où il interviendra en tant qu’invité dans le cadre du programme télévisé « Sur le Podium ».
Prochain défi, Accor Arena!
Depuis Paris,
Jean Pierre Eale iKabe







