7 septembre 1997-7 septembre 2026, il y a 29 ans mourrait le maréchal Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Zabanga. Lui qui a tant aimé la terre de ses ancêtres, a rendu son dernier soupir au Maroc, sa terre d’asile.
En effet, il a été contraint de quitter le Zaïre le 10 mai 1997 par la coalition tripartite Burundi-Ouganda-Rwanda. Mobutu soutenue par quelques pays africains dont l’Angola ainsi que par le Roi Hassan II du Maroc, un ami qui a toujours répondu présent aux appels de son ami Mobutu. Déjà en février 1997, le souverain marocain Hassan II avait clairement expliqué au Maréchal, lors de sa visite à Rabat, la position américaine de le voir céder son fauteuil.
16 mois auparavant, précisément en octobre 1995 à New-York lors des célébrations des 50 ans de l’ONU, l’ancien secrétaire d’État américain Henry Kissinger a défini ou, peut-être, regretté l’option américaine vis-à-vis du Président du Zaïre. Il lui a notamment dit ceci : « Monsieur le Président, l’Amérique à la mémoire courte. Le peuple américain a oublié ce que nous avons fait ensemble ! … »
9 mois plus tard, en juillet 1996, le Maréchal Mobutu tombe malade et 3 mois après le Burundi, l’Ouganda et le Rwanda attaquent l’est du Zaïre par Goma ; 7 mois plus tard l’AFDL arrive à Kinshasa; précisément le 17 mai 1997 … On connaît la suite.
Aujourd’hui, 29 années se sont écoulées ; le pays a changé trois fois de président ; Laurent Désiré Kabila, après son assassinat, sera remplacé par son fils Joseph Kabila qui est resté 18 ans au pouvoir avant d’être succédé Félix-Antoine Tshisekedi qui en est à sa huitième année à la tête de la Nation congolaise. Mais que reste-t-il de Mobutu après 32 ans de pouvoir ? Quelle image a-t-il laissé à la RDC en tant que dirigeant d’un grand État, stratège et politicien ? A-t-il laissé un héritage.

L’image que l’homme, le stratège et le politique Mobutu, a laissée à l’histoire est celle d’un grand homme d’État qui a maintenu contre vents et marées son pays, trente-deux ans durant, dans la paix et l’unité.
Des faiblesses, disons même de graves erreurs, ont été constatées au cours des trente-deux ans du règne de Mobutu dont la plus grave, à mes yeux, demeure la zaïrianisation (nationalisation ou privatisation des entreprises étrangères) de triste mémoire. La suite, tout le monde la connait… Le petit peuple fut plongé dans une misère noire, le pays perdit toute crédibilité sur le plan international. En interne, une caste de nouveaux riches vit le jour. L’OGEDEP garde de précieuses archives. La dette extérieure du pays explosa. La descente aux enfers du Zaïre commença. Sur le plan politique, le Président Mobutu prit un grand coup. L’opinion et la presse internationale le gratifièrent d’un qualificatif peu flatteur de dictateur !
Le régime de Mobutu amorça sa chute inéluctable dont le coup de grâce sera asséné plusieurs années plus tard avec une déconcertante facilité par l’AFDL !
Mais, le peuple zaïrois redevenu congolais a tout oublié, ou presque ; il pense plutôt aux années meilleures du règne de Mobutu et supplie le gouvernement ainsi que la famille de l’ancien président disparu de trouver un terrain d’entente pour le rapatriement de son corps afin qu’il soit enterré dans cette terre qu’il aimait tant, aujourd’hui dans la paix retrouvée avec son slogan devenu célèbre : « Tata bo, Moko! Mokonzi bo ? Moko, Ekolo bo … »
MOBUTU ET LES LÉOPARDS AU MONT NGALIEMA
À la veille de la rencontre Zaire-Maroc comptant pour les éliminatoires de la Coupe du monde 1974 au stade du 20 Mai, le président Mobutu avait surpris les Léopards en les conviant à un déjeûner-causerie morale au Mont Ngaliema.
L’information, confidentielle, qui devait rester secrète, avait fini par fuiter ; le ministre des Sports de l’époque Godefroid-Miro Sampassa Kaweta Milombe l’ayant filée à Lucien Tshimpumpu wa Tshimpumpu de la Voix du Zaïre. Ce dernier s’en était confiée à Fortunat Polydor Mubanga qui me prendra à pied levé, ainsi que le photographe Lofiko du journal Salongo ; c’est ainsi que je me suis retrouvé au Mont Ngaliema en chemise à manches courtes à rayures. Ici, le président Mobutu salue Tumba Pouce, suivra Kilasu et moi qui clôture la file.*
Les léopards étaient taiseux, mais pendant le déjeûner, Mobutu mit de l’ambiance et les Léopards se mirent à chanter allègrement.
Par Paul Bazakana Bayete)
*(Photo Lofiko/Salongo. Archives B.B.)







