Fin décembre 1985, mon ami et frère, Henri Wanya, et moi avions co organisé la tournée euro-asiatique de Viva la Musica, avec son leader charismatique, Papa Wemba.
J’ai retrouvé dans mes archives cette photo prise à l’aéroport de Narita, à Tokyo, peu avant de quitter le Japon.

Je vais tenter, de mémoire, de me remémorer les moments inoubliables de cette tournée.
Cette aventure a commencé par un voyage que j’ai effectué à Paris en novembre 1985, à la demande de mon grand frère et ami, le colonel civil Jagger Louboume Kalimazi.
Après un court séjour à Paris, Papa Wemba me demande de faire un saut à Bruxelles. Nous sommes descendus chez Saghi Sharufa, à deux pas de la Gare du Nord.
Au lendemain de notre arrivée, il fait appel à Godard Motemona, alors Président de la JMPR, afin de nous établir une invitation pour animer les festivités de fin d’année au sein de la communauté.
Il a accepté volontiers, et l’affaire fut conclue. Je suis ensuite allé négocier les billets auprès d’Air Zaïre, avec le représentant Mpeti, que je connaissais par l’entremise de sa petite sœur, hôtesse de l’air et consœur de mon épouse.
J’avais besoin de 15 billets, dont 10 pour les musiciens. Le reste était destiné aux membres du management et de l’organisation, ainsi qu’à deux proches collaborateurs de Papa Wemba : le petit frère de son épouse et Sacré Marpeza.
Au moment de l’établissement de la liste, j’ai été étonné par le choix de Papa Wemba. À la grande surprise générale, il avait préféré retenir Sacré à la place de Jagger.
Revenons à la tournée. Celle-ci débuta par un concert donné le 24 décembre, en pleine célébration de Noël, à La Défense, à Paris.
Une anecdote, en passant : les musiciens avaient été habillés par un grand couturier de la place parisienne. À ma grande surprise, durant la prestation, presque tous ont changé de tenue, portant des habits empruntés soit à leurs proches, soit à leurs amis et connaissances.
Après le concert, nous sommes rentrés à notre siège, situé au 55, avenue de la Victoire, au métro Porte de Hal.
La deuxième production a eu lieu lors du réveillon de la Saint-Sylvestre, à Bruxelles. Là aussi, une autre anecdote : au cours de cette prestation, la police a reçu un appel anonyme signalant la présence d’une bombe dans la salle, où près de 1.000 personnes étaient rassemblées. J’ai protesté et, finalement, j’ai dû signer un engagement, étant désigné comme responsable en cas d’accident.
Le 4 janvier 1986, nous sommes retournés à Paris pour la commémoration des martyrs de l’indépendance du Congo.
Avant d’y arriver, nous avions déjà effectué une tournée en France, notamment à Toulouse et à Lille. En Belgique, nous sommes passés par Verviers, Mons et Liège. Nous avons également été au Luxembourg, puis en Allemagne, à Bonn et à Cologne. En Suisse, nous avons joué à Genève et à Lausanne.
Dans le train, sur le chemin de Lausanne, Kuru me pria de rentrer au pays pour aller chercher son épouse. Il tenait absolument à lui offrir ce voyage vers le pays du Soleil-Levant.
Arrivé à Kinshasa avec deux billets de Swissair, Amazone m’annonça qu’elle ne pouvait pas partir en laissant sa fille, Djo Nyondo. J’ai alors mobilisé toutes mes relations pour ajouter sa photo sur les documents, y apposer le cachet requis et obtenir un billet pour elle, afin de faciliter son départ pour Paris.
( À suivre)
Jean pierre Eale ikabe





