Pour rien au monde, je n’aurais pu manquer ce concert anniversaire célébrant les 70 ans de Koffi Olomidé et ses 50 années de succès ininterrompus.
Ce dimanche 12 juillet 2026, au stade Roi Baudouin, en Belgique, la Golden Star a livré un concert sans la moindre fausse note. Pour tout dire, c’était tout simplement grandiose. Un véritable spectacle de son et de lumière.
En revisitant les différentes époques de sa riche carrière, Koffi Olomidé a offert un tour de chant époustouflant, à la hauteur de sa légende.
Tout commence avec l’ouverture des portes, comme prévu, à 17 h 30. Pour ce concert qui avait failli être annulé par les gestionnaires du stade en raison de l’épidémie d’Ebola sévissant en RDC, Koffi Olomidé a mis les petits plats dans les grands, animé par le seul souci d’offrir à ses nombreux fans un spectacle exceptionnel.
Bien que la capacité du stade ait été limitée à 35.000 places, tribunes VIP et espace devant le podium compris, l’enceinte du stade n »a pas refusé les nombreux fans présents.

Il y avait tout simplement du beau monde. La Jet Set avait répondu présent pour célébrer son idole. Le DJ, venu de Paris, a parfaitement assuré l’ambiance en puisant dans le riche répertoire de la rumba congolaise. Il a passé des chansons de presque tous les grands artistes, à l’exception d’une ancienne star du Quartier Latin. Un détail qui en dit long.
Revisitation de grands classiques
L’animation a pris fin à 20 h 15, avant de céder la place au Quartier Latin. Le groupe a d’abord revisité, en version instrumentale, plusieurs grands classiques du répertoire de Koffi Olomidé, histoire de donner le ton et de faire monter l’impatience du public. Il a ensuite interprété deux morceaux rythmés, accompagnés de chorégraphies soigneusement exécutées de presque toute les danses de Quartier Latin, annonçant ainsi le début imminent du grand spectacle.
Avant l’entrée en scène de Koffi Olomidé, sa charmante épouse, Cindy Le Cœur, a interprété en solo le titre Boulevard. Avant de quitter la scène, elle a pris soin de rappeler qu’il s’agissait de la journée magique de son mari, tout en lui souhaitant un joyeux anniversaire. D’ailleurs, on ne l’a aperçu qu’à deux reprises au cours de la soirée.
La seconde fois, elle est revenue sur scène pour interpréter en duo avec Koffi le titre IKEA. Juste avant l’arrivée de la star, l’écran géant installé derrière le groupe a diffusé une sélection de clips de Koffi Olomidé, sublimée par un remarquable jeu de lumières, faisant monter l’impatience du public.
Koffi Olomidé a finalement fait une entrée spectaculaire, coiffé de la toque qu’il arbore sur l’affiche du concert. Au fil de la soirée, il a effectué trois changements de tenue. Pour célébrer ses 70 ans, il n’était pas seulement le producteur de son spectacle, mais aussi son metteur en scène, orchestrant chaque détail avec le souci de l’excellence.
Koffi Olomidé a revisité les différentes époques de sa carrière, pour le plus grand bonheur de son public. À la demande des spectateurs, il a interprété « Sens inverse » et « Zéro faute », deux titres qu’il a exécutés avec une maîtrise remarquable, suscitant une ovation générale.
De ce spectacle, le moins que je puisse dire, c’est qu’il était tout simplement grandiose. Le Grand Mopao a tiré les leçons de son précédent concert à l’ING Arena. Pas des dédicaces à la sauvette. Pas d’interruptions intempestives. Pas de multiplication d’invités. Cette fois, la musique a occupé toute la place.
Inoss B enflamme la foule
Koffi Olomidé a également réservé une place de choix à celui qu’il surnomme affectueusement le « Michael Jackson congolais », Inoss’B, dont la prestation a littéralement enflammé le stade.
Un autre détail m’a marqué : le public avait soigné son apparence, avec une nette prédominance de tenues blanches. Du début à la fin, les spectateurs ont chanté avec le Grand Mopao et dansé presque sans interruption, debout, au rythme de ses plus grands succès.
Mention spéciale au Quartier Latin, dont les musiciens ont livré une prestation de haut niveau, ainsi qu’aux danseuses, aussi élégantes que talentueuses dans leurs tenues de scène.
Le seul véritable bémol de l’organisation reste la gestion des accès. Une seule porte avait été prévue pour l’entrée et la sortie des milliers de spectateurs, ce qui a occasionné d’importants encombrements.
À la fin du concert, aux alentours de 23 heures, les transports en commun étaient pratiquement à l’arrêt, compliquant le retour de nombreux fans.
Sur le plan artistique, le spectacle a été une réussite totale : un véritable zéro faute. En revanche, sur le plan commercial, le pari n’a pas été pleinement gagné. Koffi Olomidé n’a pas attiré l’affluence qu’il espérait.
Ce constat semble montrer qu’à ce stade de sa carrière, sa musique se consomme davantage dans l’intimité des foyers, lors des fêtes, dans les voitures ou encore dans les boîtes de nuit que dans les grands concerts de masse.
C’est aussi l’un des paradoxes de l’évolution de l’industrie musicale : un artiste peut demeurer immensément populaire et omniprésent dans les habitudes d’écoute, sans que cette popularité ne se traduise systématiquement par des stades pleins.
Merci le Grand Mopao !
Jean Pierre Eale ikabe






