Annoncée en grande pompe, la soirée de gala organisée le 8 août 2026 au Fleuve Congo Hôtel, dans le cadre du Festival International des Étoiles (FIET), a bel et bien eu lieu. La « Nuit des légendes », qui en était à sa première édition, a été à la hauteur des attentes, malgré quelques soucis d’ordre organisationnel.

Initialement prévue à 20h00, la soirée proprement dite n’a finalement débuté qu’à 22h00, avec l’entrée en scène du patriarche Jeannot Bombenga. Toujours debout malgré le poids de l’âge, le légendaire artiste a surpris l’assistance par une prestation empreinte d’émotion, faisant ressurgir les souvenirs d’un passé qui refuse de disparaître.
Le « Vieux » a assuré en revisitant son riche répertoire, marqué par des tubes devenus intemporels. Avec cette prestation, il avait, pour ainsi dire, donné le ton d’une soirée qui s’annonçait des plus prometteuses.
Après les mots de bienvenue du député honoraire Serge Kayembe, initiateur de l’événement, et de la ministre de la Culture et des Arts, qui ont permis de contextualiser et de circonscrire la portée de la soirée, le go était donné à une véritable évasion à travers les années glorieuses de la rumba congolaise.
Les artisans de cette musique, aujourd’hui consacrée Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, étaient bel et bien présents pour faire revivre les grandes heures de cette épopée musicale.
C’est sur ces entrefaites que le Brazzavillois Théo Blaise Nkunku est monté sur le podium pour interpréter « Eden », sa chanson fétiche qui, aujourd’hui encore, continue d’illuminer les soirées de mariage sur les deux rives du fleuve Congo.
Porté par un public conquis, l’artiste a pu compter sur la ferveur de l’assistance, qui reprenait en chœur les paroles de ce titre connu par cœur.
Puis ce fut au tour de Cosmos, autre légende du Congo d’en face, d’entrer en scène. Il émerveilla l’assistance en revisitant quelques-uns de ses titres intemporels ainsi que son duo avec Faya Tess, dans la chanson Makambo mibale. Après ce duo, Faya Tess a rendu un vibrant hommage à son mentor en revisitant ses oeuvres devenues des standards de la rumba congolaise ainsi que son propre répertoire. Sa maîtrise vocale et sa gestuelle ont véritablement porté la soirée à son paroxysme.
Des légendes, il y en avait tellement que chacune tenait à apporter sa pierre à l’édifice et à raviver, à travers ses chansons, les souvenirs d’une époque glorieuse de la rumba.
Un fait majeur à épingler est la reconstitution de l’orchestre Empire Bakuba avec les retrouvailles de deux piliers du groupe Dilu Dilumona et Papy Tex ainsi d’autres musiciens du groupe tels Godé Lofombo et Djuna Mumbafu. Le groupe reconstitué a fait redecouvrir au grand public les moments de gloire dudit orchestre tant sur le plan local qu’à l’international.
Tant bien que mal, presque toutes les figures annoncées ont néanmoins été honorées, dans le souci de faire de cette soirée un véritable moment de transmission intergénérationnelle.
Malage Delugendo, avec sa voix fine et mélancolique, a séduit le public en revisitant la chanson emblématique « Testament ya Bowule » de Simaro Masiya. Nkata Nyboma et Uta Mayi ont, à leur tour, replongé l’assistance dans les méandres de l’épopée de la rumba des années 1970-1980.
Lita Bembo et Reddy Amisi leur ont emboîté le pas, gratifiant le public de quelques-uns de leurs anciens succès.
Mbilia Bel a fait son entrée aux alentours de 4h00 du matin, tenant les invités en haleine avec ses chansons emblématiques.
Jusqu’aux petites heures, le public est resté en parfaite osmose avec ces légendes, ne laissant paraître aucun signe de fatigue. La piste de danse n’a jamais désempli, preuve que la joie était, durant ces instants privilégiés, la denrée la mieux partagée.
Globalement la soirée fut une réussite, malgré quelques couacs organisationnels, notamment des temps morts occasionnés par les cérémonies de remise des diplômes, qui ont quelque peu affecté le rythme de la programmation.
Qu’à cela ne tienne. La « nuit des légendes » aura été empreinte de nostalgie, de musique et de transmission, où les souvenirs d’hier ont continué de vibrer au présent.
Jean Pierre Eale iKabe







